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mardi 14 avril 2009

Panneau-Parking

Un congé de Pâques, ce n'est pas toujours totalement joyeux. Je vous dit ça de façon totalement détendue...
Mon séjour à Saguenay, cette ville que personne n'ose encore nommée, a été fort agréable. On s'est fait gâter, on a mangé de belles et bonnes choses, passés de bons moments et j'ai même fait faire un tour à Annette, la voiture Argentée, dans ces majestueuses côtes qu'elle semblent tant apprécier... bon je sais, je parle d'un char mais, que voulez-vous, me semble qu'en y parlant, j'ai moins de problème avec... un char, c'est un peu comme une femme. (Je n'élaborerai pas!)
Vous n'êtes peut-être pas sans savoir que de gros travaux ont lieu présentement dans le Parc des Laurentides afin de faire, comme les députés le disent, une «route à 4 voies divisées»... ce que moi j'appelle une «autoroute pas finie»! Les mastodontes de la voirie pronvinciale s'exécutent généralement jour et nuit afin de bitûmer ce chemin dont cette région a bien besoin. La chose est plutôt impressionnante, je vous le dis, et ceux qui connaissent la route auront sans doute remarqué l'ouverture sur le paysage, qu'on ne voyait pas sur cette route enclavée dans la forêt de jadis. Au même moment où les travaux ont débutés, le MTQ a installé deux grosses affiches lumineuses aux deux entrées de la 175, une à Québec et l'autre à Saguenay. Cette installation fût une saga pour tous les habitués... des années ce sont écoulées entre leur arrivée et leur mise en fonction, récente de quelques années elle aussi maintenant. Sur ces affiches, on nous indique des informations utiles aux voyageurs... On nous dit qu'il y a des travaux, on nous annonce la «présence d'orignaux», celle des carribous également ou, comme ce dernier week end, on rappelle aux camionneurs que c'est la «période de dégel, zone 2». Des informations pertinentes pour la sécurité et la tranquilité d'esprit de ceux qui empruntent cette route légendaire... surtout pour ces accidents.
J'arrive à mes 30 ans... la route 175, je l'ai fait des tonnes de fois... je l'ai fait alors que c'était fermé avec ma tite Accent manuelle... Et je ne comprends pas pourquoi on écrit rien de météorologique sur ce foutu panneau de merde! Je veux dire, à un moment donné, il faut se dire les vraies affaires pis revoir nos priorités. En quelque part, on le sait tous qu'il y a des travaux dans le parc (ça fait des années que ça dure). Avec le nombre de petits panneaux jaunes qui indique la présence de bêtes de toutes sortes, on pourrait pas oublier le temps d'une soirée les cervidés sur cet insigne digne de Las Vegas et dire aux gens «Attention, y'a du verglas plus loin». Me semble que ce serait logique, non! Le camionneur qui est pris dans la côte avec son camion et qui se dit «avoir su, j'aurais fait une sieste à Québec avant de prendre le parc» se la roule pas mal serrée l'information qu'on est en «dégel zone 2»!!! Au bas mot, faire de quoi de cohérent avec ces deux grosses télés extérieures qui semblent avoir été érigées dans le seul but de «flashé».
Vraiment mais... vraiment dans un tout autre ordre d'idée, je suis allé visité ma grand-mère dans son «manoir pour mourir». Ma grand-mère souffre d'alzheimer (orthographe!). On le sait depuis un temps déjà. Un an peut-être. Et je peux vous le dire, quelle maladie!? On est vraiment impuissant face à ça. La dernière fois que je l'avais vu, elle était à l'hôpital, en attente d'une place pour une centre de soin de longue durée. C'était aux fêtes. Elle allait particulièrement bien cette journée là. Elle m'avait reconnu tout de suite. Mais il y a quelques jours, je suis descendu de mon nuage... Elle m'a pris pour mon cousin. C'est la barbe, sans doute. Je lui ai dit mon nom... elle a dit me reconnaître... mais elle ne semblait pas avoir piger. Nous lui avons fait faire le tour de l'immeuble pour la faire bouger un peu. Ce qu'elle dit ne tient pas. Elle semble heureuse comme jamais tout en ne se souvenant pas de savoir pourquoi elle est heureuse... C'est assez difficile à expliquer mais bon, la seule chose qui me vient en tête, c'est qu'elle avait l'air gelée comme une balle! Je trouve ça immonde de dire ça avec tout mon sérieux en parlant de ma grand-maman.
Je trouve ça bien qu'elle semble être heureuse. Je la trouve forte, malgré tout. Forte parce qu'elle est seule... Vraiment très seule. Mon père est le seul de ses trois enfants à la visiter. Des deux soeurs, l'une est morte et l'autre se confond en excuse de toutes sortes. Je trouve ça un peu fucké... Je suis sur Facebook et je vois des photos d'elle par mes cousins cousines en train de festoyer avec une coupe à la main. Vous allez me dire que je ne peux pas me fier à quelques photos sur internet pour me faire un jugement et vous aurez raison. Pas obligé d'arrêter de vivre pour une mère qui ne vous reconnait plus... Même les petits enfants ne vont pas la voir alors qu'ils habitent dans la même ville... À part une cousine, je suis probablement celui qui l'a visité le plus souvent alors que j'habite à Longueuil!!! Pourtant, je les comprends totalement, en un sens. Parce qu'on m'a presque tordu un bras pour y aller. Parce que j'ai peur! Parce que je me sens incapable de rien faire. J'aurais juste envie de la brasser et de lui dire «hey, reviens comme t'étais».
Cela ravive en moi le débat du parking des vieux. Socialement, nous avons un problème avec nos aînés. C'est comme si on les voulaient de plus en plus vieux pour de moins en moins leur apporter d'attention. J'espère que mes cousins et cousines vont me lire aujourd'hui. Ceux que ça concerne. Et leur descendance! Qu'on se souvienne. Du moulin, de la rivière aux Sables, du sucre à la crème et des courses folles autour du chalet. J'espère qu'ils lèvront la tête et qu'ils honnoreront leurs souvenirs. Et je le dis avec tout mon amour pour eux, en m'incluant dans le bateau...

mardi 20 janvier 2009

Parade Avenue

Le temps avance si vite que je n'ai pas réalisé...
Cette année est la dernière d'une décennie, celle des premières années 2000. J'avais bien cru voir du coin de l'oeil, occupé, qu'on faisait portraits, documentaires et rétrospectives sur le sujet. Au début des années 2000, moi, j'ai foutu l'camp. Par fuite, pour faire le ménage, pour les deux, probablement. On finit toujours par s'oublier, les jours où il fait beau. Et on s'occupe de soi, pendant la tempête. Cela ne devrait-il pas être l'inverse?
Quelle aura été mes réalisations pendant tout ce temps, si ce n'est du plan purement personnel? Ho, je ne vous ai pas dit... la première ébauche de mon roman est maintenant complétée. C'est difficile de croire en ce souvenir de ma main qui tappe le mot «fin» après une centaine de pages! Alors voilà, dans la vingtaine, j'aurai écrit.
Que peut-on retirer, au plan collectif, de ces dix dernières années?
Pour ma part, je trouve ces années sombres. Les changements climatiques, le 11 septembre 2001, l'Irak, le front afgan, le pétrole, le hip hop, Bush, l'émergence indéniable de la Chine, le Tsunami, le Darfour, Charest, Israël et le Liban, Israël et Gaza, Katrina, L'hiver surréaliste de l'année dernière, Harper, la fonte dramatique des glaciers, les satellites sur Mars, Guitar Hero, la cellularisation du monde, Facebook, l'agonie d'Haïti, Céline Dion...
Au-delà du fait qu'aujourd'hui, tous jubilent dû au fait qu'un nouveau président ait été assermenté et qu'on semble déjà lui laisser tous les maux du monde sur ses épaules, je m'interroge sur l'avenir de l'humanité pour les dix prochaines années, sur le rôle que nous jouons tous, à chaque jour, dans nos boites de brique enterrées sous la neige givrante de l'hiver de mon Québec, petit dans l'univers que nous avons bâti, depuis des millénaires. Je sais que je n'y penserai peut-être plus demain mais qu'est-ce que moi, ti-Joe Tremblay du coin, je vais faire pour améliorer le sort de ma déscendance?
En fais-je assez?
Serai-je capable de regarder mon enfant sur mon lit de mort et de lui dire que j'aurai tout fait pour lui, sans douter contre moi?

mardi 6 janvier 2009

10 janvier

Tout d'abord, chers lecteurs, permettez-moi de vous souhaiter une très bonne année 2009. Je ne sais pas pour vous mais j'ai vraiment l'impression que 2008 a été pitoyable de mon côté... Je me dis que ça ne peut pas être pire cette année!
Pour ma part cependant, le temps des fêtes continue toujours. C'est le problème avec mon anniversaire; il s'inscrit dans cette continuité festive du tournant de l'année. Mon anniversaire, c'est samedi. Je ne le fais pas pour me téter des voeux pour ces 29 années sonnées. Mais rarement j'aborde ce sujet qu'est la «localisation temporelle» de ma fête.
Les cinq premières années de mon existence en ce monde fûrent si mémorables. C'était Noël(bis)! Je recevais des cadeaux(bis) et mangeais(bis) du gateau. Toute la famille était de retour pour me souligner moi. Il y avait le petit Jésus, il y avait le nouvel an... et il y avait moi! Je trouvais l'idée épatante. Mais l'arrivé de l'école dans ma vie chamboulât à jamais l'idée que je me faisais du 10 janvier!
Les vacances de Noël d'un écolier sont primordiales, je ne l'apprendrai à personne. Avoir un congé d'école et de devoirs, ça faisait du bien. On pouvait sortir avec les copains pendant le jour et construire de gros forts ou aller glisser sur la butte avec nos «casse-cul». Putain que c'était cool! Ma mère était en congé, mon père grattait l'entrée et même le dépanneur était fermé! Puis arrivait janvier et le retour à l'école. Mon anniversaire, c'était le jour de la rentrée... Sinon, c'était dans la première semaine de classe. Les gamins autour, fixant le prof qui expliquait «7x6», avaient encore en tête la dernière brique de glace posée sur les murs du fort. Mon anniversaire était affiché sur le babillard comme les autres mais personne n'avait repris l'habitude de le regarder. En fait, c'était ma fête qui rapellait à toute la classe de le faire, comme avant les vacances. Ma fête n'était le «happening» de personne.
Je tiens à spécifier que j'ai toujorus eu de bons anniversaires pendant ces années mais que mes sentiments étaient... disons... partagés...
Ça a duré comme ça jusqu'au cégep. Au collège, c'était tellement l'fun! On recommencait les cours à la fin janvier... Ma fête était devenue la dernière célébration du temps des fêtes. Mes amis ont su, pendant ces quelques années, rendre ces anniversaires mémorables. C'était la belle vie, le début de l'âge adulte, ce temps où l'on frenchait dans un coin de sous-sol ou ce balcon où l'on fumait des clopes à trente sous zéro, le Saguenay loin devant. Car ma fête a toujours été rudement froide. Pas de fêtes sur le bord de la piscine mais une soirée intérieure où la maison se transformait en complexe de salle de réception.
Aujourd'hui, mon anniversaire du 10 janvier est aussi une bonne excuse pour me faire de plus gros cadeaux à Noël. Et vous savez, je ne m'en plaint pas, même lorsque vient la soirée de ma fête et que j'ai moins de cadeaux. J'ai l'impression qu'avec l'âge, c'est un jour qui perd de l'importance en moi, par refus de veillir peut-être ou par déni. Les cadeaux, je m'en moque. À Noël, j'en deviens presque toujours mal à l'aise et à ma fête, je savoure le bon temps, qu'il soit petit souper en tête à tête ou party dont on se souviendra longtemps.
Cette année, évènement très rare dans ma jeune vie, mon anniversaire, tombe... une samedi!!! Avoir été au primaire, j'aurais jubilé!
Connaissez-vous quelqu'un qui est né le 10 janvier? Éphéméride de vie:
  • Ma première blonde en première année est née le même jour que moi, au même hôpital. En fait, tout porte à croire que nous nous serions côtoyés à la pouponnière.
  • La marraine de mon filleul est né un 10 janvier.

mardi 9 décembre 2008

Bashing

Vous ai-je déjà parlé de mon amour pour les frites?
Évidemment, n'importe qui pourrait s'en foutre. Mais pour moi, une bonne patate, y'a rien de plus réconfortant. C'est polyvalent, c'est 4 saisons. Je pense, y'aurait de l'eau aux frites que j'en boierais... bon... ça dépendrait du goût! En fait, pour moi, "une frite", c'est une seule et unique frite. Pourquoi dire "une frite" alors qu'on en veut le plus possible. Quand je commande des frites au casse-croûte, personnellement, je dis "un frite". Les bleuets me comprendrons là-dessus. Vous trouvez que mon "un frite" est illégal? Certes, c'est une abbération, autant que de demander "une frite" quand on en veut plusieurs!!! Mourrial pourrais-tu passer à autre chose?!
J'aime les frites en poutine. Mais faut qu'il y ait du croustillant. Une poutine et une giblotte sont deux choses différentes... Alors, les frites molles et le fromage tellement fondu qu'il fait partie intégrante de la sauce, c'est dégueux. En prendre note. Merci!
Astuce... pour une soirée rapido presto sous le signe du gros cochon, aller se chercher des frites chez Frites Alors, du fromage en crotte et une sauce barbecue en canne et mélanger le tout à la maison; même la Banquise ne pourra jamais réaliser l'exploit.
Ok... Je l'avoue. Arrêtez de me pointez du doigt... Je me confesse... j'aime les frites de chez Kento! Je les trouve é-coeu-ran-tes! La dernière fois que j'en ai mangé, c'est il y a 4 ans. Pas de poulet, juste les frites. J'y vais rarement, par principe. J'aime aussi mes frites maisons à l'huile d'olive cuites au four. Je maîtrise leur cuisson à chaque fois maintenant. Pour les frites congelées, les Cavendish. Ha... et pis, y'a tu quelqu'un chez St-Hubert qui peut allumer que leurs frites sont molles et sans goût. Je sais pas mais faudrait bien qu'ils se réveillent!
Y'en a qui vont me dire qu'ils aiment bien les McDo, mais moi, je trouve ça louche. Sont trop bonnes pour être bonne... vous voyez ce que je veux dire?
J'ai des souvenirs mémorables avec des frites! Quand j'étais kid et que mon père allait chercher des frites avec des hot dogs. Quand on allait en manger à Ste-Rose du Nord. Mes fins de soirée Chez Pauline... oui oui, je sais, aujourd'hui, on doit dire P'tit St-Do!
Au secondaire, alors que je jouais une pièce de théâtre, on m'avait jouer un tour pendant une scène très importante. Mon personnage tentait de séduire une femme en buvant du thé sur un banc. Tout en parlant, je devais lui passer une boîte avec des cubes de sucre. Mais, à l'intérieur, c'était des frites! J'entends encore mon prof rire...
J'aimerais aujourd'hui prendre la défense de la patate. Je suis exténué par le frite bashing qui déferle sur notre société depuis quelques années. Maintenant que la cigarette est plantée, allons-nous faire des frites nos prochaines victimes des habitudes de consommation. Moi, je dis non! Non à ceux qui prétendent que les peutates sont engraissantes, surtout cuites dans l'huile. No way! Moi, ce que je veux, c'est que ça goûte. Quand je veux rien goûter, je prends de l'eau! Il me semble que c'est clair. Laissez donc ce pauvre légume à la tronche minable se faire dorée afin de devenir le merveileux amuse-gueule croustillant qu'est la frite...
Vive la frite, ho... Vive la frite!

vendredi 28 novembre 2008

«Pas un party... un SOUPER de Noël!»

Faites jouer de la musique (James Brown, tiens!) et sortez votre plus belle chemise, ce soir, c'est mon party de Noël avec mes nouveaux confrères et consoeurs de travail...
I feel nice...
Like sugar and spice
So Nice... So nice... I got you
Vous me direz «so what» et c'est probablement le genre de commentaire que je fais lorsque mes amis m'annoncent ce genre de grandes nouvelles avec leurs trompettes. Parce que trop souvent, un party de Noël, c'est une excuse. Après tout, avec chaque party de Noël vient l'histoire de l'autre. Une année, un gars avait fait le cave en faisant des niaiseries pendant que l'employée-qui-avait-fait-l'audition-à-Star-Académie chantait à grande haleine au karaoké. Une autre fois, c'était «bar open»... Sur 40, 2 sont partis en ambulance, dont mon coloc de l'époque. Sans parler de la «super women» qui parlait au cellulaire en dansant un slow avec... moi! J'en ai parlé ici. Ou encore le chumy qui ne pouvait plus s'empêcher d'ouvrir les yeux et de se vôtrer littéralement et pendant des heures dans le décolleté envoûtant de l'autre, remarquable après tout, je l'admets bien( ça, j'en ai parlé ici)... By the way, et c'est le plus drôle de la chose, je suis tombé en amour avec ma Bibitte un soir de party de Noël... Nous n'avons que très peu fait parler de nous; l'histoire du «bar open» battait son plein. Au travail, c'est souvent politique!
En fait, je dois l'admettre, j'adore les party de Noël. Je devrais me sentir honteux. Parce que ce n'est pas pour les bonnes raisons. En fait, je sais pas mais on dirait que c'est le moment de l'année où j'aime ça rire du monde!
Bon, bon... ne soyez pas offusqués! Je ne suis pas méchant... je suis casse un peu, c'est tout. Toujours est-il que je préfère y être que ne pas y être...
Alors, qu'arrivera-t-il ce soir? Pour peu que je sache, on m'a dit que la soirée n'allait pas être trop wouhouhou... Que devrais-je faire?
Foutre le bordel! Prendre mon trou! Jouer les gentlemens! Saouler mon patron! Faire le ti JParfait! Partir le premier! Partir le dernier! Sortir après! J'ai bien hâte de connaître vos réponses...

vendredi 21 novembre 2008

Neige en novembre

Cher lecteur,
Cela fait quelques jours que je n'ai pas écrit. Je sais, l'attente, c'est pas ton fort! Moi non plus, je déteste attendre, comme attendre l'autobus ou dans une file. Mais, s'opère quelques bouleversements dans ma vie, des bons malgré tout... En fait, ça dépend des perceptions. Chose certaine, l'année 2008 s'achève et je serai content de la laisser derrière.
Comme tu le sais, je viens d'arrêter de fumer. Je participe à un défi. Ça fait neuf jours déjà. Ça fait quelques fois que j'essaie, deux ou trois, mais je voulais que celle-ci soit la bonne. Après tout, devenir un éternel fumeur béliqueux qui dit continuellement qu'il arrêtera sans arrêter, ça ne m'intéresse pas. Tu sais, j'essaie d'avoir un minimum de fierté! Peut-être que tu fumes? Si oui, tu connais la chanson. À chaque fois qu'on essaie d'arrêter, y'a toujours un évènement stressant qui vient te mettre des bâtons dans les roues. Un affaire qui te stress, qui te donne envie continuellement de fumer cette satanée cigarette qui se prélasse dans ta cervelle, pour passer à autre chose. Moi, cet évènement est survenue deux jours après avoir débuter mon défi... Le jour de son anniversaire, ma grand-mère est morte.
L'affaire n'est pas trop triste. Ce n'est pas l'évènement surprenant de l'année... On sentait la chose arriver. Elle est partie en paix rejoindre son mari mort depuis 30 ans. Les retrouvailles là haut ont dû être exceptionnelles!!! Je suis donc allé au Saguenay pour faire du salon, alors que l'hiver tirait ses griffes nordiques sur les terres du royaume. On m'a demandé d'écrire un hommage pour elle et de le lire à l'église. La veille de la cérémonie, nous avons soupé en famille et dans la paix et j'ai porté un toast à ma grand-mère. Arrivé à la maison, pompette, je me suis assis au comptoir et j'ai composer l'hommage d'un trait... Je crois que j'ai écris avec mon coeur et qu'elle aurait été reconnaissante. Après, mon discours, nous avons escorté le cercueil vers l'extérieur de l'église. L'image de la tombe et des portes de l'église qui s'ouvraient sur la ville et la neige était énormément puissante. Je n'ai pu m'empêcher, j'ai pleuré...
J'ai fait le calcul et fait le décompte des aïeux de ma famille maternelle. Je suis le 7ième! Et je n'ai même pas trente ans. Ma mère deviendra grand-mère à son tour dans quelques années, et la roulette tournera en soupirant ses minutes, suant seconde après seconde. La mort, cette expérience que j'avais vécue une première fois en 1992, est un sentiment hasardeux et unique pour chacun. Un peu comme aimer finalement. Mais tout ça m'a amené à désiré la paix. Au sens bien personnel. Comme si la mort apportait son lot de sérénité.
Je me suis inscrit sur facebook il y a quelques jours... j'étais contre mais je sais pas... à un certain moment, je me suis senti seul, loin des miens dans l'épreuve du temps. J'ai senti le besoin de retrouver de vieux amis, loin dans les souvenirs, perdus dans un monde en changement et inateignable dans la distance. Retrouver le passé et sourire au devant qui paraît beau. En combinant cet état d'esprit, mon arrêt de fumer et mon projet de vie saine, cette épreuve m'a fait remettre en perspective certaines choses. L'évolution prend une tangeante. Oui, cher lecteur, c'est indéniable. Le mouvement est plus rapide. La rumeur de l'hiver est plus fraîche que d'habitude. La blancheur de la lune en est la preuve. Ouija me l'a dit. L'imagination aussi, augmente.
À ce jour, aucune cigarette fumée, sans patch, sans gomme, sans bâton de cannelle. Longue marche dans l'espace de mon temps.
Quel est votre lien avec la mort?

vendredi 3 octobre 2008

Attends encore un peu ma belle.

Un autre moment de nostalgie...
J'avais 17 ans. J'étais à la polyvalente. J'étais cool, je pense, pour une bonne partie de la populasse adolescente de mon école. Un vrai Ram Dam... J'avais une blonde, je conduisais, je ne me fesais pas carter dans les bars et je découvrais davantage la sexualité, comme tous les garçons de mon âge ou presque. Tous mes cours m'interessaient, avec différents niveau de motivation, mais je performais bien et j'étais considérer généralement comme un bon élève lors des réunions de parents. Je m'intéressait à l'art dramatique, à l'histoire, à la physique. Les maths, c'était plus compliqué. Mon rapport avec les chiffres n'avait jamais été bon mais mon prof était vraiment hot. Il s'appelait Magella, pour ceux qui s'en souviendront, au Royaume. Et il y avait un cours qui confirmait la règle, l'exception à cette routine régulière de mon cheminement scolaire sans fautes (je ne parle pas ici du latin, au début de mon secondaire!) et ce cours c'était Éconnomie! Une heure à tuer à chuchotter avec son voisin sur la pluie et le beau temps pendant que le prof faisait des triangles en se déplaçant devant le tableau à nous raconter l'histoire envoûtante et dynamique de la loi de l'offre et de la demande. Les rares fois où j'ai écouté mon prof m'ont permis de constater qu'en la matière, il était plutôt compétent. Une condition gagnante pour me confirmer, avant même mon ascencion vers le monde adulte, que l'économie et moi somme deux entités aux parcours inversement proportionnels à nos aspirations. On m'offrait actions et argents mais je ne demandais rien.
En ces jours merveilleux où l'homme canayen a besoin de se pencher sur la proposition à cinq qui s'offre à lui, l'économie devient l'enjeu. J'en dors... Chaque sondage me rappelle qu'ils vont rentrer, peut être majoritaire alors que je ne comprends pas. J'ai tendance à percevoir que plusieurs sont hypocrites et n'assument pas leurs choix. Parce que personne m'a encore fait l'éloge de Harper en buvant une bière ou en mangeant de la lasagne en famille. Personne! C'est peut-être parce que je ne sors pas assez!? Je perçois également une grande différence entre ici et le reste et je me demande ce que mes amis albertains pensent de tout ça. Un autre signe que nous sommes peut-être pas fait pour être ensemble.
L'économie donc. Le libre marché, ce conflit gangrènique entre riche et pauvre. Ce besoin de prendre le cash en adoration comme nos voisins du sud qui vont encore se faire avoir au moment même où je vous écrit pour en donner encore plus aux riches patrons de la haute (mais très basse) finance. 700 milliards de dollars pour dire une autre fois à ce libre marché qu'il peut rouler sa bosse encore, qu'il peut encore compter sur les états-uniens pour payer sans y rien comprendre. De notre côté, on constate lors du débat que Harper s'en lave les mains, que Dion veut aller prendre un café et en jaser alors que les autres ont strictement rien à proposer. Ça me coûte 40 dollars de plus d'essence par mois, sans compter l'épicerie qui a augmenté de 80$ par mois, sans parler de mon loyer qui augmente, de l'hydro qui augmente, de la carte d'autobus qui augmente et que mon salaire reste le même!!!! Facilement un 1000 dollars par année en moins dans mes poches... ce qui constitue une poussière dans le compte en banque de M. Esso.
Notre planète peut bien s'étouffer pendant qu'on parle d'argent. Il en sera de même pour un autre bout de temps. Les gens ne vont pas voter... parce qu'ils veulent y aller pour choisir le meilleur, pas le moins pire des cinq!!!

vendredi 26 septembre 2008

Pourquoi attendre au jour de l'an?

L'automne est là. L'hiver s'en vient. Je vais m'en cabaner pour la saison froide, respirant l'air usagé de mon 4 et demi en comptant sur ma vingtaine de plantes pour purifier un peu tout ça. Vous le savez peut-être déjà, je fume. J'ai commencé ça pour «avoir d'l'air cool»! Ça fait plus de dix ans. J'ai fait quelques tentatives infructueuses et malgré l'échec, j'en ai retenu certaines leçons qui me seront utiles très bientôt. Parce que je vais réessayer. Pour vous en parler, pourquoi ne pas en griller une... Je m'installe... Tout ce qui se rapporte à la cigarette désormais devient presque obsolète. Il reste peut-être la question «quoi faire en même temps que prendre un café?» à régler mais j'ai confiance. Tout problème peut se résoudre. J'avais aussi l'exclamation «boire une bière sans fumer, c'est impensable!» mais de la bière, je n'en bois jamais plus qu'une pinte ou deux maintenant. Mon estomac en a assez vu de ce côté, selon mes souffrances. Et ma tête n'est pas configurer pour ça le lendemain... J'ai de très beaux souvenirs en rapport avec mes «clous de cercueils»! J'ai débuté avec Mathieu et les «mentoles». Le temps d'une soirée et c'était fait. J'en ai retiré de superbes discussions et le tabac m'a fait décrocher de mes cours pendant les courtes pauses du reste de mon secondaire. Il y a des filles qui sont venues me demander du feu et qui ne m'auraient probablement jamais parlé si elles avaient été non-fumeuses. J'ai connu la cigarette dans les cégeps, le temps d'une session, et je me plaisais à enfûmer les Pas-Perdus en premier, tôt le matin, en écrivant quelques lignes sur mon cahier. L'image était toujours belle; je pouvais voir les rayons du soleil. Et dans les bars, ça mettait de l'atmosphère. J'ai toujours dit que lorsque j'aurais des enfants, ce serait dans un environnement non-fumeur. Pourquoi attendre que ma blonde soit enceinte? Je suis tanné de me faire dire d'arrêter, que c'est pas bon pour ma santé, de me faire moraliser par ma mère, de me faire chier avec mes fins de mois. Et puis, me semble que j'ai une bedaine qui pousse, lentement... Je sens que je stagne, que j'enrobe ma vie de pétrole. Ça me rend vache, je trouve. J'aime pas l'idée de me faire tasser dehors pour que les autres qui ne fument pas me «spot» et me regardent d'un drôle d'air. Je suis dégoûté du nombre de mégots qu'il y a partout et je désire pourtant protéger mon environnement. Je respire mal, je cherche mon souffle, mon purificateur d'air interne me toussote à l'oreille qu'il a besoin d'un autre filtre. Il en a assez de se faire prendre pour une route avant d'être asphaltée... Bon, bon... C'est pas bon, je n'ai pas à me convaincre. Arrêter de fumer, quoi de plus négatif pour un fumeur. Arrêter de fumer représente une montagne énorme où les échecs sont fréquents. Se mettre des «patch», mâcher de la «nico» ou croquer le bâton de cannelle n'y change rien... Arrêter de fumer, c'est plate, c'est triste, c'est une épreuve, c'est se battre à l'intérieur de nos veines, de nos habitudes. On devient bête, irritable et on se sent comme de la merde littéralement. Aucun fumeur ne veux «arrêter de fumer». Ils veulent simplement ne «plus fumer». Sans le passage, prendre une pilule et oublier le temps de l'haleine du cendrier. Ne plus avoir besoin. Ne pas avoir à subir le regard de celui qui me rit dans la face parce qu'il pense que je ne réussirai pas, comme d'habitude, comme tous ceux qui essaient, en pensant m'encourager! Cette fois-ci, donc, je prends une autre voie. Cachée, mais j'y crois. Je n'arrêterai pas de fumer, simplement. En fait, ça ne sera qu'une étape d'un projet de vie saine. Je ne focaliserai pas seulement sur ma clope, je vais aussi faire de l'exercice, manger mieux, faire plus de sport, manger plus de fruits. Je vais prendre l'argent gagné et je vais m'en servir pour ça. Pour me payer un trip de ski ou du sushi plus souvent. Je vais changer des mauvaises habitudes toutes simples comme me ramasser et essayer de structurer les activités qui m'intéressent, plutôt que de les reporter. Je vais sourire à la vie, sans rien d'autre que moi et mes pensées... La volonté, comme on dit. Je vais prendre un tournant! Je vais «rusher» et j'en ai envie. Je vais donc participer au défi «Arrête avec moi», initié par Marie-Hélène, une étudiante en Techniques d'intervention en loisir et qui fait son stage dans une école secondaire. Les objectifs sont semblables aux miens et je pourrai partager mon expérience avec les jeunes, s'ils le veulent bien. Je trouve l'idée bonne, du fait qu'elle vivra l'expérience elle aussi. Les jeunes n'auront pas les conseils de quelqu'un qui regarde de l'extérieur. Elle sera dans le «rush», elle aussi. De mon côté, je ne peux pas laisser mes chers lecteurs de l'Amérique ou de l'Ailleurs... J'ai quelques projets en ce sens, peut-être une espèce de série web-video-capsules-réalité. M'inspirer de ce que je vais vivre pour créer, ce qui fait parti intégrale de mon projet de vie saine. Enfin, je vais faire quelque chose pour rire un peu... de moi, avec vous!
Voilà, le défi «Arrête avec moi» commence le 12 novembre.

mardi 16 septembre 2008

«Pen» d'amour.

Vous avez probablement entendu parler de cette histoire au Parc des îles de Boucherville où il se passe des choses à caractère sexuel disons, pour le moins, surprenantes. Comme le disait ce cher Claude Poirier à matin dans ma télé, ceci n'est pas un cas isolé. Chaque ville a son parc où se déroule des activités du genre. J'avais 17 ans. C'était une nuit de juin, à Chicoutimi. J'étais allé au Guinness, un pub, avec des amis, et après quelques bières, je m'étais retrouvé à danser sur les colonnes de son. Je vous le dis, je dansais comme un dieu à l'époque... Un dieu étrange et en sueur, certes, mais bon, je faisais de mon mieux! Sur la piste, à côté de la colonne, il y avait une blonde qui me regardait avec insistance. Honnêtement, c'était nouveau pour moi. Mon rapport avec les filles dans ce bar était médiocre. Aux antipodes de l'étalons, un dieu des bécosses, quoi! Voyant qu'elle était perspicace, je suis resté sur la colonne assez longtemps. J'avais une touche, pour la première fois, et je bombais le torse en tentant de démontrer toute ma virilité adolescente. Vers les 2h30, la fille est finalement venue me rejoindre sur mon pied d'estale et nous avons frotté nos bassins quelques minutes; son parfum me rendait complètement dingue! À 2h45, l'heure des «slows». On ne s'entend pas, la musique est forte. Elle m'invite à descendre, pour danser coller avec elle. Nous dansons, serrés. Je sens son parfum dans ses cheveux bouclés. Je retrouve les joies d'avoir une femme dans mes bras, de sentir la douceur de la peau crèmée. 3h00... La musique s'arrête mais l'endroit est bondé. On ne s'entend pas plus. Elle s'approche de mon oreille et j'entends: «tu m'embrasseras pas, hein!?» J'ai rétorqué par un baiser. Elle fût plutôt surprise. Deux semaines plus tard, la relation se termine. Rien de si grave. En fait, c'est sa meilleure amie qui me téléphone pour me le dire. Elle me dit aussi que dans mon oreille ce soir là, elle m'avait plutôt dit: « Tu m'replaces pas, hein!?»... On avait fait de l'impro ensemble, elle était dans une autre équipe. Je ne l'avais jamais remarquée. Bref, je me sentais con. Épris d'un élan de honte et de tristesse, ce fameux soir de juin, je décide de sortir de chez moi, à 23h30, et d'aller marcher un peu. Je m'arrête finalement dans un parc, le parc Rosaire Gauthier. Il est minuit. Je suis seul. Assis à une table de pique-nique, je grave «Sandra» sur les planches avec les clés de la maison. Un homme arrive, derrière moi. Un vieux monsieur, à l'air sympathique, avec une barbe blanche. Il me demande: «Est-ce que je peux m'asseoir?». J'ai toujours été un peu naïf; je lui dit oui. Il me demande si je vais bien. Il a dû constater que j'avais un air de cul! Je ne veux pas en parler... Je lui dit que ma blonde m'a laisser et que j'avais besoin de prendre l'air. Je le laisse à la table, seul, en lui souhaitant une bonne soirée. Je vais m'asseoir plus loin, sur un banc de parc, à l'autre bout et je rumine encore quelques instants. Au bout d'un temps, le monsieur revient et s'assoit sur mon banc. Il met son bras derrière moi... Là, j'ai eu un doute. Je le regarde, un point d'exclamation dans le front; il enlève son bras. Je regarde au loin... Je me pose des questions mais je ne veux juste pas croire ce qui est en train de m'arriver. Il met son bras sur ma cuisse et me demande: «veux-tu aller faire une tour dans mon char?» Je me lève, d'un bond. Je saisis désormais ce qu'il a derrière la tête. Je m'enfuis. Le bonhomme, lui, est resté sur son banc. Je traverse la rue, triste et complètement déconcerté devant ce qui vient de se produire. Non seulement Sandra s'était foutu de moi, il n'y avait que les vieux bonhommes qui s'intéressaient à ma personne... J'emprunte la piste cyclable, en direction du poste de police, à quelques centaines de mètres de là. «Il n'aura pas l'audace de me suivre!». Je marche... Je pense tout croche... Je me trouve complètement ridicule et la situation aussi. Après cinq minutes, je fais demi-tour et je décide de retourner chez moi. De retour à la rue, à la fin de la piste cyclable, un monsieur marche vers ma direction. J'ai peur un instant... mais je me rends compte que ce n'est pas le gars du parc. Je me répète que les gens ne sont pas tous des gros vicieux et qu'il est impossible qu'on m'aborde deux fois en une soirée. Je ne suis pas aussi «chanceux»... Je croise le monsieur. Je me tasse à gauche, pour qu'il passe à droite... Il se tasse à gauche. Je me tasse à droite, il se tasse à droite. Le gars se pogne le zoui zoui... Il me demande: «Veutuimesuche?»... Ce à quoi je réponds par un gros «HEIN?»... « Veux-tu me sucer?»... Je l'ai tassé et je suis rentré à la maison, estomaqué. laissant le gars se la pogner tout seul... Le lendemain, je prends le journal. À la une, «Table de concertation sur les gais et lesbiennes au Parc Rosaire Gauthier». Je ne suis pas homophobe et si ça se trouve, ces deux hommes se trouvaient là par hasard... mais la coïncidence était quand même frappante.
Le parc Rosaire Gauthier, de nuit, pour moi, c'est barré!

samedi 14 juin 2008

«Sac à main» pour homme!

Quand j'étais jeune enfant, je ne me souviens pas avoir dit que mon père était Superman. Mon père était le mien et j'en avais rien à foutre qu'il soit capable de voler ou de transporter un lac gelé. Mon père était présent. Il était toujours là. Il n'était pas en train de sauver la veuve et l'orphelin. Mon père était le fan de salon numéro un des Canadiens. Le samedi soir, chez-nous, c'était comme au forum. Il criait après les joueurs, les encourageait ou applaudissait en criant pour enterrer le son de la télé. L'ambiance était presque meilleur qu'au Centre Bell. Mon père se fâchait parfois, il était l'autorité. Il ne sacrait pas. Il était le genre à remplacer «sacrement» pas «sac à main». Une seule fois il m'a pris pour me lancer, en pleine colère, mais il a choisit le lit plutôt que le mur comme cible! Papa m'amenait aussi à la pêche. Souvent. Avec mon oncle, qui aurait probablement souhaiter que je n'y sois pas. À l'école, j'étais souvent choisi dernier pour jouer au ballon chasseur. Mais à la pêche, c'est moi que mon père choisissait toujours en premier et il était plus excité que moi qu'on fasse équipe. Un de mes plus beaux souvenirs de mon père est cette journée de pêche miraculeuse sur le lac Élan où l'on s'était arrêté dans une anse en canot, dans le brouillard matinal et frais des Monts Valin. Mon père conduisait en pro! Avec la voiture, il faisait «le moteur de course» sur ma demande et j'étais convaincu que c'était grâce à son pied que le moteur vrombissait avec autant de force. Mon père m'amenait voir les feux d'artifices, m'amenait dans les manèges et m'achetait du chocolat souvent. À l'adolescence, il a dû s'adapter. Après tout, le chocolat, je l'achetais moi-même avec l'argent que je gagnais en étant camelot. Il est donc devenu cool. Il est devenu Gay. Gay passait les journaux avec moi à tous les matins; il était même meilleur que moi. Je l'appelais, à 3h00 du matin et il venait me chercher. Il faisait même des «lifts» à mes amis. Mon père m'encourageait. Il n'a jamais manqué un match d'impro où je jouais, jamais une pièce de théâtre, jamais une compétition de karaté. Lorsque je faisais une soirée chez-nous, il restait à la maison dans le bureau, inaperçu ou faisait partie de la fête. Gay écoutait la musique que j'écoutais et c'est lui qui montait le volume en voiture. Puis, Gay a vieilli. Un peu. Son fils est parti à Montréal et il s'est retrouvé seul dans une famille de femme.
Mon père a toujours été généreux. Il n'a jamais eu peur de dire ce qu'il ressentait, de m'aimer et de me le dire, de me serrer dans ses bras, même encore aujourd'hui, et de m'ambrasser sur le front. Chez mes parents, c'est mon père qui a la larme à l'oeil. À l'aube de la paternité (dans quelques années, j'ose espérer), je me dis que je suis chanceux. Mon père n'était pas Superman. Il n'est pas parfait. Mais il est BON père et j'entre dans cette nouvelle étape de la vie avec une plus grande confiance, dû au fait qu'il a réussit a bien joué son rôle tout en restant lui-même.
Hommage à l'homme!

mercredi 4 juin 2008

Le JP ramasseux de cossins!

En faisant mes boîtes, je me rends compte que j'ai été un collectionneur de mon passé et j'ai l'impression que l'élastique qu'est ma vie l'étire de plus en plus loin derrière. Je suis tombé sur des lettres de St-Valentin de mon école secondaire qui date de 1995. Treize années. Je suis tombé sur des vieilles lettres d'amour, des vieilles correspondances, des billets d'autobus de mon voyage en Alberta. J'ai fait le tri dans mes vêtements et, sérieux, je me demande si je vais charger la St-Vincent-de-Paul tellement j'en ai à donner. Et des outils!!! Mon beau-père me les offre en cadeau. Il en a fait une sorte de tradition... En fait, il est le principal commenditaire de mon coffre à outil. Et aujourd'hui, il serait content de savoir qu'ils ont tous été triés et rangés et que la batterie de ma perceuse électrique est sur la charge. Car j'aime bien avoir des outils, finalement. C'est rassurant de savoir que j'ai une pince ou un marteau. Je l'en remercie encore d'ailleurs!
J'en reviens donc aux gogosses. Je ramasse plein de truc et même des choses dont je n'ai plus de souvenirs. J'ai retrouvé les cassettes du temps où j'enregistrais mes chansons favorites à la radio et que je les écoutais en passant les journaux... J'avais douze ans! Des vieilles cartes d'identités, des photos perdues ou de vieilles découpures de journaux montrant mes exploits en karaté. J'ai pris un peu de tous ces souvenirs et je les ai mis dans une boîte à chaussure blanche. J'ai négocié serré avec ma mère pour l'envoie d'une boîte supplémentaire dans son sous-sol. Les pourparlers ont été difficiles mais j'ai réussi à obtenir mon point. Dans quelques années, je me retrouverai face à cette boîte au trésor et je l'examinerai de plus près.
Un déménagement ne se fait pas seulement d'un endroit à un autre, il me semble. On en vient tous à se décrasser un peu, en faisant nos boîtes et en remettant tout en place, dans un décor complètement différent... Non?

mercredi 7 mai 2008

5000 et un stade.

Le prochain visiteur après ce que j'aurai écrit sera le 5000 ième à arpenter les pages du JP d'Amérique. Ce chiffre n'a rien de vraiment magique à mes yeux, si ce n'est que le nombre compte à peine dans cette expérience virtuelle. Cela m'honore, certes, mais ne me fait pas nécessairement sauter au plafond. À mes yeux, le 5001 ième lecteur a tout autant d'importance. Mais, vraiment, merci énormément quand même de passer par ici de temps en temps. C'est réconfortant.
Je me suis un peu planter dans cette histoire sur le Canadiens du dernier billet. J'étais optimiste, je le concède. Néanmoins, je ne suis pas triste. Je lève mon chapeau à cette équipe qui a fait de son mieux et qui nous a donné du bon hockey pendant une saison. C'est ce qui compte!
Lorsque je suis arrivé à Montréal en 2001, je me suis installé dans Rosemont que je n'ai jamais quitté. J'avais fait, deux années auparavant, une brève incursion en terre de Mourrial. Un essai qui n'avait pas marché, à l'été 1999. J'habitais coin Frontenac et Hochelaga et j'y ai vu en deux mois assez pour avoir un indéniable choc culturel, moi, le bleuet catastrophé. Rosemont a cependant appaisé mes craintes quant à la tranquilité, la vitalité, la communauté. J'ai adoré me promener dans ces rues et avenues aux grands arbres, marcher dans les parcs par les soirs d'été où j'y étais seul. Et il y a un élément que je n'oublierai jamais de tous ces chemins et il se nomme le mât du Stade Olympique. On le voit dans tous les parcs, la nuit, comme si il en était la vedette. Il domine le parc Maisonneuve, le bout de la rue Rachel et accompagne la lune dans cette attente frénétique de la voir atterrir sur son épaule. S'arrêter en chemin à sa base, en allant au cinéma, et sentir la puissance de cette tour de béton me manquera. Je sais. Je ne suis pas à la mode. Tout le monde ici semble penser la même chose de cet amas de béton que les parisiens pour la tour Effeil.
Un nouveau projet vise à construire un toit permanent sur la structure du stade. L'architecte, M. Taillibert, ne semble pas très chaud à l'idée. Faut dire que son rêve était beau... difficile d'en décrocher. Il aurait aimé ce toit parapluie, cette voile issée lorsqu'il fait beau. L'hiver québécois doit lui passer serré où l'on pense!!! Et pour cause. Peut-on lui en vouloir de rêver? non! Je lui dit bravo. Mais, il est temps de se rendre compte que ça ne fonctionne pas, son truc. Enfin, moi, ma solution, ça serait de l'enlever, le toit! On pourrait en faire un parc hivernal en hiver. Faire des pistes de ski de fonds, des anneaux de glaces, des monticules de neige... Faire du snowboard dans les gradins!!! Au lieu de le rendre imperméable, on le rend résistant à l'eau. On fait des économies. Bon, ça rapportera sûrement moins que de tenir des congrès toutes l'année mais bon, il y a un centre tout neuf pour ça au centre-ville. Quitte à mettre une toile moins coûteuse qui garderait l'espace au chaud sous la pluie sans avoir à supporter les centaines de centimètres de neige de nos hivers, quand il y en a!!! En faire un parc, en quelque sorte, à l'intérieur, en concervant les installations nécessaires, comme les piscines ou l'observatoire. Démocratiser le stade et démocratiser l'hiver. Le donner aux gens au lieu de les pousser à s'en cacher...
Cette vision là aussi, c'est du rêve. Et je tiens à le préciser, j'adore l'été!

mardi 8 avril 2008

L'aide au devoir.

J'ai passé la fin de semaine dans ma belle famille. La soeur de ma Bibitte étudie et obtiendra sous peu son diplôme en enseignement. Et fin de session oblige, ça sentait l'étude dans la maison. Ma belle-soeur nous partage donc quelques points de sa connaissance sur notre belle langue, le français.
C'était hier encore, me semble-t-il, alors que j'étais assis dans la salle de classe de Lafontaine, ma polyvalente, que j'étais en train d'apprendre les conjonctions de coordinations à l'aide d'une petite comptine. Je me souviens encore de ces devoirs monstrueux où je devais séparer mes phrases en groupe (sujet, verbe, complément) et ça me rendait fou cette idée de creuser dans l'abysse d'une phrase qui n'en restait pas moins la même avec tout son sens. Et c'est sans parler du fameux (oui, fameux) participe passé avec avoir qui me donne encore, je dois bien l'admettre, du fil à retordre.
Ma belle-soeur, taquine à ses heures, nous posait quelques colles grammaticales et se régalait de nous voir pantois devant ses «c'est pu pareil, maintenant», ses «on ne nomme plus ça comme ça» ou la dévastatrice «ça fait longtemps que ça n'existe plus!». La conversation a même dévié sur les mathématiques et les «nouveaux» noms des prismes...
À la suite de cet après-midi là, j'ai un peu la trouille. Car lorsque j'aurai des enfants, qui me dit que je ne saurai plus? Que ma connaissance sera dépassée? Que ma connaissance ET mon expérience seront dépassées? Qu'adviendra-t-il de mon enfant lorsqu'il me dira « maintenant papa, «quelque chose» s'écrit «quequechoz»?

mardi 18 mars 2008

BANG!

Une météorite s'est élancée, quelque part dans le firmament de ma vie, impassible et rapide, dans le secret de l'ombre silencieuse. Elle a traversé mer et monde et lune sidérale aux confins des galaxies jusqu'ici, dans mon existence soyeuse et paisible. D'emblée, je dirais que je n'ai jamais cru aux destins; je suis libre de mes choix et les autres le sont également. En ce sens, mes gestes portent des conséquences et ceux des autres également.
Mes ambitions ont souvent été veines. Je me suis souvent égaré dans mes rêves sans jamais vouloir les atteindre vraiment, par procrastination, par délire, par dénit, par manque de jugement ou de confiance en moi. Aux grés des déceptions, j'ai toujours vu en la vie un domaine du bonheur possible et c'est c'est ce vers quoi j'aspire désormais. Ainsi, mes rêves sont devenus plus réalisables, possibles, atteignables. Il y a à peine dix ans, je voulais que mon nom soit dans le dictionnaire des noms propres et maintenant, je me rends compte que tout a basculé, il y a bien longtemps, et que je deviens plus serein, peut-être parce que je me mets moins de pression sur les épaules...
Je vais donc changer de boulot! Ce qui impliquera également que ma Bibitte en fasse autant. Ce qui implique un déménagement. Ce qui implique un changement de ville. Et tous mes sens se sont activés depuis peu, à la venue de cette décision, de cet astre troublant, qui me pousse vers l'inconnu, le vrai, le vide, dérobé à mes pieds, qui ne demande qu'à être dévoré...
Et j'attends... Dans l'inquiétante étrangeté de ne savoir distinguer le bon et le mauvais, les yeux voilés.

vendredi 29 février 2008

Dans le vestibule de ma mémoire

Sur la banquise blanche et pure de mes idées entremêlées, les vagues deviennent houleuse et insalubres. Je me prends à vouloir devenir sans égard à la forme, à espérer un chemin que je ne vois pas et j'attends. Encore vous me direz... Tant de choses à penser. Des légions de réflexions dans le vestibules de ma mémoire qui s'évaporent et reviennent, froides ou endurcies. Tellement de gestes faits par d'autres qui claquent au visage et pousse à agir. À choisir, dans le statu quo ou dans l'action. Une sorte de vérité calfeutrée dans mes veines...
J'avais 13 ans. À l'école, mon cercle d'amis était grand. Des filles surtout. Elles s'étaient faites un «alphabet de l'amour» afin de pouvoir discuter des garçons sans qu'on ne puisse dire de qui. «J'ai vu M. aujourd'hui et il m'a sourit...» qu'elle disait, et autre futilité, dans la cafétéria, en mangeant une poutine. Moi, Mathieu et David, on espérait en secret avoir la copie de cet alphabet pour pouvoir rire un peu... Et nous l'avons vu cette année-là. Une brève fois et je ne me rappelle plus en quelle circonstance mais je me souviens bien de mon excitation. Je me souviens aussi que je n'avais pas de lettre qui m'était attribuée, que j'avais écrit mon nom moi-même; j'étais rebelle à l'époque. Un peu... La même année, j'avais fait une liste que j'avais appelé «ma grande vérité» sur laquelle j'avais écrit les points de pensées importants de ma vie, comme mon «kik» sur une certaine Kary ou mon amour pour Julie. Comme si j'attendais qu'on vienne me la voler... C'était cette année-là où j'avais reçu une carte de la St-Valentin dans laquelle une fille me disait qu'elle s'intéressait à moi, anonyme, me laissant pour seul indice le fait qu'elle prenait le même autobus que moi. J'avais tout de suite su qui c'était. Une belle jeune fille qui semblait tendre, les cheveux longs et châtains, l'azur dans les yeux, à qui j'avais parlé quelques rares fois, entre deux poteaux, dans le déséquilibre du mouvement. Le soir, dans l'autobus, je m'étais approché de la fille en question et au moment de m'asseoir près d'elle, elle m'avait dit: «As-tu reçu la lettre de mon amie?» Décontenancé, j'avais dit «oui» et j'ai sorti avec son amie... C'est la seule copine que j'ai eu que je n'ai jamais embrassé!
Tout ça pour dire que c'est fou parfois, ce que l'on pense, ce que l'on vit, et que ce que l'on croit autour de nous peut-être complètement différent de la réalité.

mardi 12 février 2008

Chercher la fin...

Elle s'appelait Cindy T. C'était une jeune fille blonde, intelligente et vive d'esprit. Elle avait les yeux bleus presque foncés et à maintes reprises j'ai eu envie de mettre mon maillot pour aller me baigner dans son regard océanique. J'avais 15 ans. Je ne portais pas encore de lunettes et pourtant, je la voyais bien, croyez-moi. Et c'est drôle parce que cette fille avait le même nom de famille que moi et que la mode dans nos classes était à l'ordre alphabétique. Alors je retrouvais toujours son visage et son rire près de moi, en mathématique ou en français... Plus d'une fois m'a-t-elle fait perdre mes chiffres ou mes mots. Nous étions en secondaire III et je me faisais des petites histoires en passant mes journaux le matin, en écoutant Ironic d'Alanis Morissette sur une cassette, enregistrée à la radio.
Bien que nous ayons toujours eu des rapports courtois, il ne s'est jamais développé un semblant de quelque chose avec cette fille ni même l'amitié. On a bien rit quelques fois, on s'est salué mais c'est tout. J'étais sans doute beaucoup trop gêné pour en faire davantage. C'est dans cet état d'esprit d'amour utopique que j'ai visionné pour la première fois le film Cyrano de Bergerac. Et c'est ce soir là que j'ai vraiment écrit pour la première fois. Je veux dire, écrire vraiment, ressentir le besoin de se faire aller le crayon. C'était sur ma table de chevet, sous la lumière d'une chandelle. À cet âge, on est si romantique...
Depuis, j'ai toujours ressenti, à interval plus ou moins régulier, le besoin d'écrire. Un poème, une pensée, un journal ou une image en mot. Quelques années après cette Cindy, j'épprouvais ce désir si souvent que je devais traîner avec moi un cahier et un crayon pour chaque occasion. J'ai écrit dans les bars, dans les restaurants et les cafés, dehors sous un arbre ou sous la pluie... Dans mes cours, en faisant une dissertation, en lisant le journal, dans l'autobus, sur la toilette... C'était un besoin... vital.
Quand je suis arrivé à Mourrial alors que débutait mes quelques années de célibat consécutives, l'inspiration s'est faite de plus en plus rare si bien que j'ai dû adapter mon besoin. C'est que j'avais le sentiment omniprésent que je ne ressentais rien. J'avais toujours ce besoin d'écrire mais écrire sur moi me ramenait à la page blanche. Comme quoi ce que l'on écrit est souvent le reflet de soi... Alors, j'ai décidé d'imaginer complètement, d'écrire sur un autre. J'ai donc commencer à écrire un roman.
Je n'ai pas la prétention de le vouloir édité et d'en vendre une centaine ou deux. Juste de le terminer. Et de trouver une fin satisfaisante...

mardi 22 janvier 2008

Les sons d'âges...

On parle beaucoup ces jours-ci des générations. Du «choc» des générations. Effectivement, mon journal préféré (sic), Le JdeM, s'est transformé en gros questionnaire la semaine dernière afin qu'il y ait le plus de répondants possibles. Résultat: 5000 personnes ont répondu. Le temps de compiler les résultats et hop!, on fait la une au TVA Édition 24h. C'est vrai que c'est si pertinent de faire parler les gens de leurs conflits inter-générationnels. C'est important. Nous, les québécois, avions besoin de ce sondage pour nous donner une idée précise de notre bonne vieille société. Et ben alors...
Je suis un «Y». Avec une mentalité de «X». Parce que même si je suis un «Y», j'ai écouté Passe-Partout. Ce qui fait de moi un homme totalement différent. Oui, oui, ma blonde vous le dira! J'ai vu le référendum de '80... j'avais 4 mois! Personne ne peut prétendre que je n'ai pas été témoin de ce fait historique. C'est seulement que je ne m'en rappelle pas!
Alors, où suis-je véritablement dans ce foutoir? Comment moi je vois les choses? Je n'ai pas répondu au sondage. J'en ai entendu parler vaguement, la semaine dernière, mais j'avais de la vaisselle à faire. Que voulez-vous, je vis comme tout le monde. Parce que c'est un peu ça, ce sondage, encore. Gratter le bobo... On sait tous que les boomers se font critiquer par les deux générations montantes et on sait tous que les X & Y se font critiquer par les boomers. Je généralise... mais ne parle-t-on pas de sondage après tout?! Toujours est-il qu'on a tous notre vie à vivre, nous les poussières de l'évolution magique du monde. Nous évoluons... Les temps changent, s'éternisent parfois et avec un peu de chance, vous en avez déjà profiter, lors d'un baiser qui vous a semblé comme une vie. Le monde change. Nous en sommes le principal bouleversement, en un sens. Le monde change beaucoup à cause de nous, voilà tout. Ce n'est pas toujours intentionnel; après tout, qui sommes-nous pour pouvoir prétendre diriger la masse? Mes parents n'ont pas le même passé que moi, ça c'est certain. À leur naissance, il n'y avait pas de télé dans le salon. Je n'ai pas le même passé que les jeunes non plus. À ma naissance, il n'y avait pas de magnétoscope (vidéo) dans le salon...
Ou alors vivons-nous dans des mondes parallèles? Le monde des boomers étant somme toute différent des «X». À chaque génération son monde, il me semble. Mais alors, qu'est-ce qu'un monde? La planète, le temps ou la vie?
Aujourd'hui, à Mourrial, il neige. La ville est devenue sourde, les gens moins pressés. Dans le métro, station Square Victoria, un homme de mon âge met la faute des problèmes environnementaux sur les boomers. Et que pense-t-il de la révolution industrielle du début du siècle dernier avec son charbon à la mégatonne? Nous avons Charest, ce qui est ni le meilleur ni le pire, et les boomers ont eu Duplessis. C'est que tout est relatif, en fin de compte. Tout dépend dans quel monde on vit!
Finalement, comme vous l'avez lu, je n'ai ni participé au sondage ni lu un article du JdeM là-dessus. J'ai vu un reportage au show des nouvelles hier... L'histoire des piscines publiques, les accomodements raisonnables et le choc des générations... Vous ne trouvez pas que ça sent le déjà-vu? Allons-nous assister à une guerre assasine entre l'ADQ et les Libéraux sur les boomers? Allons-nous créer une commission sur le faussé entre les vieux et les jeunes? Sommes-nous maso? Ou est-ce seulement une compagnie médiatique qui nous montre une réalité comme étant un problème afin de s'attirer un public?
La photographie noir et blanc provient d'ici

vendredi 7 décembre 2007

Pour ou contre le party des fêtes du bureau.

Les partys des fêtes d'employés!... Ces célébrations où on "trippe" à voir son patron prendre un coup. Et bien, ce sera le mien demain. Et que de souvenirs viennent en ma mémoire imbibée lorsque je me rappelle les douces merveilles de ces soirées bucoliques où je chantais, tel un René Simard des temps modernes, à la recherche de la gloire et de la reconnaissance de mes confrères de travail qui étaient souvent plus "con" que 'frère". Que de rires s'esclaffent en moi lorsque je m'appercois, dans ces images emmagasinées de ma cervelle compressée, en train d'exibé mon poil de "chest' (sic) à la cohorte qui me regardait, alors que j'avais encore bien des preuves à faire.
Ho oui, j'ai bien tenté, par le passé, d'être la vedette sous le gui, d'être la star près du sapin ou le vrai Père Noel, près de la disco, en train de me faire aller le ponpon, la barbe sur le menton. Oui, j'ai bu et fumer des succédanés de cigarette avec mon supérieur, j'ai pris en photo les filles avec qui je travaillais pour pouvoir mieux saliver, le soir, lorsque je rentrais chez moi, seul, me faisant un diaporama en ruminant mon "trop de liberté". J'ai même déjà danser un slow avec "la poule" de mon lieu de travail, pendant qu'elle discutait avec quelqu'un avec son cellulaire. J'ai accompagné du monde "scrap", des trop bourrés, des trop gelés. J'ai vu des choses digne de Top Modèles ou de Dallas.
J'ai l'impression parfois que le party de Noel de bureau est la plus "salope" des toutes ces petites fêtes ou mondanités de l'environnement professionnel du travailleur moyen. Juste après le congrès et le voyage d'affaire. Et si on a le malheur de faire une gaffe, on s'en fait parler jusqu'au Noel des campeurs!
J'irai tout de même à mon party. Je prendrai encore des photos. Je boierai avec le "boss". Je serai à l'affût de la moindre petite anecdote juteuse que je pourrai lancer au nez du gars de l'entrepôt où à la secrétaire en temps opportun. Je serai sans pitié et tel un paparazzi, troquant un verre contre une info.
Il faut bien y trouver un peu de plaisir!
Et vous, les partys de bureau? Est-ce un moment propice pour tenter l'approche avec le gars que vous "spotter" depuis des mois ou si ce n'est pas plutôt une perte de temps... ou autre chose....

jeudi 4 octobre 2007

Les stylos changent...

J'ai un rapport plutôt surprenant avec l'écriture. J'étais jeune encore alors que j'écrivais si souvent. Je maitrisais si bien mon art (le mien, qui n'en est pas nécessairement un pour les autres) que je me lançais, comme ça, dans un bar, dans des écritures automatiques, buvant ma bière à la table de mes amis et fumant une cloppe. J'étais boème, un peu. J'écrivais tout le temps, tout le monde le savais. C'était comme ça. Quand ça devait sortir, ça sortait. C'était un acte inconditionnel. Je prenais le temps, tout le temps. Et de fil en aiguille, j'ai paufiné ma prose et j'ai finalement trouvé une certaine zone de confort. J'écrivais depuis quelques années déjà.
Or, depuis le début de mon éphémère vingtaine, j'ai perdu la trâce. Cela est peut-être post traumatique... À cette époque, je n'allais pas très bien. Je me souviens qu'en Alberta, alors que j'avais un an à «rien foutre sauf penser à moi», je me suis rabattu sur le journal. Je n'avais jamais réussis à tenir un journal. J'ai bien tenté, à quelques reprises, d'en commencer un... Mais cela ne durait jamais plus d'une semaine. Mais, en Alberta, le journal étant devenu une béquille, je me suis donné une raison, afin d'y mettre plus de coeur. Je l'ai donc écrit à quelqu'un. J'ai tenu le journal! Et je l'ai donné. Je n'ai aucun brouillon de ce récit, mon aventure dans l'ouest... Je n'ai pas écrit pour moi. Il m'arrive encore de penser à ce journal. Je ne le regrette pas vraiment... Mais si un jour, il m'arriverait de pouvoir le consulter, j'en serais vraiment content, c'est certain. Mais comme c'est mon ex qui l'a... (hihihi)
Plus tard, étant revenu de l'ouest et me frottant à la démesure de cette ville dont les boutons sont des parcs, Mourrial, j'ai vite constaté que la vie en appartement te laisse un peu moins de temps. Mais l'écriture me poussait, elle me disait, tout bas: prends un stylo et une feuille et écrit putain! Mais m'asseoir pour prendre un temps d'arrêt me rendait coupable. J'ai donc dû concrétiser un autre projet. J'ai donc décidé d'écrire un roman...
J'écris au compte-goûte.
Les chapitres s'accumulent et je ne connais même pas la fin de mon récit. Et le besoin se fait toujours sentir d'écrire, encore et encore... Je dois venir à bout de cette histoire qui traine dans mes pensées... Écriture... Torture... Ça rime!

dimanche 30 septembre 2007

!!! JP superstar !!!

Hier soir, j'étais à une soirée où l'on fêtait le 25ième anniversaire de la pharmacie où je travaille. Pour l'occasion, on m'avait demandé de faire une petite présentation afin de rendre hommage à mon patron. C'est ainsi qu'en une journée, j'ai pondu un espèce de mini bien-cuit sous la forme de «une jounée typique dans la vie de...» J'ai trouvé le récit difficile à écrire parce que écrire pour ses patrons, c'est pas comme écrire à son ami ou sa blonde! Anyway, j'ai fait de mon mieux.
Or, il semble que j'aie fait un tabac. On m'a même pris pour l'animateur de la soirée complète juste parce que j'étais celui qui tenait le micro. J'ai dit merci, sans broncher, aux nombreuses personnes qui sont venus me voir pour me féliciter. Ça ne m'étais pas arrivé depuis très longtemps. C'est énormément flatteur de se faire dire qu'on a du talent, surtout par des gens que tu ne connais pas du tout. Jadis, quand j'étais au secondaire, je suis tombé en amour avec les planches. À partir de mon secondaire 3, j'ai tout fait pour faire une carrière en théâtre. J'ai fait de l'impro, multiplier les animations des spectacles de tous genres, si bien que plusieurs m'appelaient le Gregory Charles de l'école. Cela m'accourageait! Au cégep, j'ai donc continuer vers mon objectif et j'ai suivis des cours de théâtre afin de me préparer davantage pour les auditions dans les grandes écoles de théâtre.
Je les ai toutes faites. J'ai passé des auditions, devant Gilbert Sicotte, devant Normand Chouinard, et j'ai espéré être retenu. En fait, j'ai jouer à la loto, dans un sens... Ils en retiennent environ 12 sur 300!!! Pendant ce temps, j'essayais de participer à toutes sortes de projets, à l'école, à l'extérieur également. Mais je n'ai pas été choisi. J'ai été déçu. Amèrement.
S'est amorcée une réflexion, après cela, sur mon avenir, ce que je voulais faire autre que jouer du Molière... Pas évident de se refaire des rêves de carrière à 21 ans, d'avoir le vide des études, en un sens, qui s'étire loin devant nous. J'ai remisé les planches dans mon esprit. Elles m'avaient déçues et je m'en sentais indigne, en quelque sorte. Valait mieux en faire un passe-temps, mettre mon talent naturel d'autodidacte au service de mon entourage, une fois de temps en temps... comme cette fête pour mes patrons. Mais ce ne sont pas les projets qui pleuvent... Et puis, je me suis cherché.
J'ai dû venir à Montréal. J'ai pris cette décision pour mes études uniquement. À Chicoutimi, les carrières ne pleuvent pas non plus. Et l'Aluminium ou le papier, ça ne m'intéressait pas. Lorsque je suis arrivé à Montréal, je me cherchais toujours. Après quelques réflexions, j'ai choisis les loisirs. Un beau caravansérail de tout ce que j'aime quoi!
Maintenant, je vois à Flash, le soir, des gens qui ont étudié le théâtre avec moi sortir des grandes écoles. Des gens à qui j'aurais pu donner la réplique facilement, il y a quelques années. Je les aurait peut-être torché dans une mixte à l'impro même! J'aurais pu être meilleur. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un adepte de la vantardise. Je le dis en toute humilité, en reconnaissant qu'ils ont quand même énormément de talent pour être là où ils sont. Mais à l'époque, j'étais considéré par mes pairs comme étant très doué.
Tout ça pour dire, finalement, que les planches m'attirent, m'aggrippent, me tiennent les couilles... Je ne considère pas avoir raté ma vie. J'ai dû cependant m'adapter en conséquence. À l'époque, le théâtre allait devenir ma vie. J'en avais fait la priorité. J'ai dû me rendre à l'évidence, en ne faisant plus de théâtre, que le travail n'allait pas être le numéro un de mes priorités. Le deuxième, peut-être. Mais le premier, maintenant, c'est vivre. Le rêve sans envergure d'avoir une famille, une maison, un chien, un jardin, des enfants, une voiture pas trop polluante, et une vie tranquille à faire ce que je suis. Et pourtant, je trouve mon rêve admirable...
Je vois les gens qui courrent, sans relâche, pour pogner leur métro de 6h15. Le phare de la Place Ville Marie spinne à tous les soirs et dans son panorama, les gens se tassent sans se côtoyer, travaillent, roulent et vont se coucher. On sent l'ambition quand on ouvre les fenêtres, l'ambition de ces rêves de ces gens qui veulent se faire leur théâtre. Moi, j'ai dû faire une croix là-dessus... Alors, ça m'emprisonne. J'éttouffe à Montréal... pas beaucoup... mais l'air est plus lourds, dans le vent et dans les gens. Avec le recul, je crois que je n'aurais pas pu faire ce métier de comédien. Je manque trop d'ambition, d'avidité d'être connu. Et je dépense mon argent comme un ado, encore, il me semble, alors j'ai besoin de sécurité financière. Je vais terminer... et je vais déménager. Et le premier soir que je serai dans ma maison, ce sera mon soir de première.
Pendant ce temps, je me cherche toujours... Je pourrais devenir humoriste, chanteur, musicien... Technicien en informatique, bureautique... etc... etc. LEs planches viennent toujours me hanter... ça m'énerve un peu!