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lundi 2 février 2009

( Extérioriser entre parenthèse )

Allo lecteur!
J'sais... J'pousse pas souvent d'l'air dans la trompette ces derniers temps. J'ai pas téléphoné à mes deux meilleurs amis de tout le mois. La dernière fois qu'on s'est vu, y'en a un qui m'a dit que je l'appelais pas souvent. Le ton était celui du reproche. J'ai trouvé ça poche, ce soir-là. Déjà qu'on se voit pas souvent, il aura fallu qu'il me gâche le reste de la soirée. Mon ami ne me connais pas assez, faut croire, pour savoir qu'une phrase comme ça peut me geler des semaines de temps. Le problème c'est que moi, appeler quelqu'un pour lui dire que je n'ai rien à lui dire parce que - je suis désolé - mon mois de janvier fût d'un ennui mortel, je trouve ça pas mal poche. Je comprends son point... au rythme où vont les choses, je vais peut-être les perdre tous les deux. Je sais pas pourquoi j'en parle ici... disons, extérioriser. Mes bons amis ne me lisent pas, je crois...
( Je suis allé faire du ski deux fois pendant le weekend. Et je ne suis même pas courbaturé. Je remarque vraiment à quel point je vivais dans un perpétuel show de boucane qui m'étouffait constemment! J'ai énormément plus de souffle et je ne me jète pas sur le divan une fois arrivé à la maison. Mais il m'arrive encore souvent d'avoir envie de fumer une cigarette. En fait, mon idéal serait d'en fumer juste une par jour, en faisant mon bonhomme en robe de chambre en écoutant les nouvelles. Mais si je fais ça... je recommence. Alors, il n'en sera rien. )
Le problème avec cet ami en particulier, c'est que je ne parle jamais vraiment. Je l'écoute. C'est devenu si naturel avec lui que lorsque c'est mon tour, je ne trouve rien. J'ai l'impression, et c'est grave ce que je vais dire, qu'il s'intéresse à moi pour le seul fait que je l'écoute. Je lui parle de travail et il s'en moque, je lui parle de mon couple et il s'en moque. Je lui parle de mon roman et j'ai l'impression qu'il le critique avant même de le lire. Vous me demanderez pourquoi cet ami est-il un ami? Je vous répondrai: les contraires s'attirent! Même en amitié... Pour se compléter, en quelques sortes.
( Mon toit coule. Obstinément. À chaque fois que le mercure remonte. Ça dure comme ça depuis un mois maintenant. Mes proprios sont au courant. Ils habitent en bas. Ils attendent le bon moment pour faire les réparations. Pendant ce temps, par temps doux, j'ai une chaudière à vider aux huit heures et un «ploc» destructeur matin, midi, soir et nuit. Le weekend dernier, je me suis levé à 6h du matin samedi pour vider la chaudière. Mes proprios procrastinent. À titre d'exemple, leur piscine gonflable de l'été dernier est toujours sous la neige sur le terrain. )
Mon autre ami, l'autre que je n'appelle pas plus, ne m'a rien reproché. Mais il n'a rien dit contre ce reproche qu'il a entendu comme moi. Il n'a rien dit... Je ne sais pas ce qu'il en pense. Je ne peux pas vraiment le savoir, je ne l'appelle pas, bâtard!
( Je me la bidonne de voir les gens de Mourrial se faire chier avec leur neige et chiâler qu'elle n'est pas ramassée assez vite. Je vous dirais que sur la Vire-Sud, c'est pas nécessairement mieux... sauf que personne en parle vraiment. Est-ce parce que nous avons plus de stationnement que dans la grande ville? Ça a une influence certaine. «Fallait y penser quand t'es déménagé en ville, bonhomme!» Mourrial, avec ces souterrains, c'est la seule ville en province qui fuit l'hiver comme la peste. )
Je me rends compte que je ne suis plus capable d'aller toujours prendre une bière avec mes best. C'est ben le fun, prendre une bière mais moi, la serveuse, je ne veux pas coucher avec. Et la bière, j'ai jamais aimé ça vraiment. Faudrait faire de quoi... avant que ça devienne pathétique.
( Carey Price, moi, je trouve que c'est un gardien ordinaire. Il n'est pas un super de bon gardien. Un super de bon gardien est... constant! )
Au fond, je n'ai qu'à m'en prendre à moi. Au lieu de faire des parenthèses ici, aussi bien en faire avec eux. Et leur dire... Au lieu d'avoir des impressions. Val trouverait ça bien drôle...

mardi 6 janvier 2009

10 janvier

Tout d'abord, chers lecteurs, permettez-moi de vous souhaiter une très bonne année 2009. Je ne sais pas pour vous mais j'ai vraiment l'impression que 2008 a été pitoyable de mon côté... Je me dis que ça ne peut pas être pire cette année!
Pour ma part cependant, le temps des fêtes continue toujours. C'est le problème avec mon anniversaire; il s'inscrit dans cette continuité festive du tournant de l'année. Mon anniversaire, c'est samedi. Je ne le fais pas pour me téter des voeux pour ces 29 années sonnées. Mais rarement j'aborde ce sujet qu'est la «localisation temporelle» de ma fête.
Les cinq premières années de mon existence en ce monde fûrent si mémorables. C'était Noël(bis)! Je recevais des cadeaux(bis) et mangeais(bis) du gateau. Toute la famille était de retour pour me souligner moi. Il y avait le petit Jésus, il y avait le nouvel an... et il y avait moi! Je trouvais l'idée épatante. Mais l'arrivé de l'école dans ma vie chamboulât à jamais l'idée que je me faisais du 10 janvier!
Les vacances de Noël d'un écolier sont primordiales, je ne l'apprendrai à personne. Avoir un congé d'école et de devoirs, ça faisait du bien. On pouvait sortir avec les copains pendant le jour et construire de gros forts ou aller glisser sur la butte avec nos «casse-cul». Putain que c'était cool! Ma mère était en congé, mon père grattait l'entrée et même le dépanneur était fermé! Puis arrivait janvier et le retour à l'école. Mon anniversaire, c'était le jour de la rentrée... Sinon, c'était dans la première semaine de classe. Les gamins autour, fixant le prof qui expliquait «7x6», avaient encore en tête la dernière brique de glace posée sur les murs du fort. Mon anniversaire était affiché sur le babillard comme les autres mais personne n'avait repris l'habitude de le regarder. En fait, c'était ma fête qui rapellait à toute la classe de le faire, comme avant les vacances. Ma fête n'était le «happening» de personne.
Je tiens à spécifier que j'ai toujorus eu de bons anniversaires pendant ces années mais que mes sentiments étaient... disons... partagés...
Ça a duré comme ça jusqu'au cégep. Au collège, c'était tellement l'fun! On recommencait les cours à la fin janvier... Ma fête était devenue la dernière célébration du temps des fêtes. Mes amis ont su, pendant ces quelques années, rendre ces anniversaires mémorables. C'était la belle vie, le début de l'âge adulte, ce temps où l'on frenchait dans un coin de sous-sol ou ce balcon où l'on fumait des clopes à trente sous zéro, le Saguenay loin devant. Car ma fête a toujours été rudement froide. Pas de fêtes sur le bord de la piscine mais une soirée intérieure où la maison se transformait en complexe de salle de réception.
Aujourd'hui, mon anniversaire du 10 janvier est aussi une bonne excuse pour me faire de plus gros cadeaux à Noël. Et vous savez, je ne m'en plaint pas, même lorsque vient la soirée de ma fête et que j'ai moins de cadeaux. J'ai l'impression qu'avec l'âge, c'est un jour qui perd de l'importance en moi, par refus de veillir peut-être ou par déni. Les cadeaux, je m'en moque. À Noël, j'en deviens presque toujours mal à l'aise et à ma fête, je savoure le bon temps, qu'il soit petit souper en tête à tête ou party dont on se souviendra longtemps.
Cette année, évènement très rare dans ma jeune vie, mon anniversaire, tombe... une samedi!!! Avoir été au primaire, j'aurais jubilé!
Connaissez-vous quelqu'un qui est né le 10 janvier? Éphéméride de vie:
  • Ma première blonde en première année est née le même jour que moi, au même hôpital. En fait, tout porte à croire que nous nous serions côtoyés à la pouponnière.
  • La marraine de mon filleul est né un 10 janvier.

dimanche 23 décembre 2007

Joyeux Noel !!! (les trémas sont allés magasiner!)

Bonjour chers lecteurs
Le temps. Comme dans le manque de temps. Comme à temps perdu, à temps ou de temps en temps. Enfin... Temps comme dans temps des fêtes. "Que voulez-vous", comme disait Chrétien, le temps file et me pèse souvent. J'ouvre les bras à cette frénésie, je la modèle à ma façon et j'apprécie les belles choses de la vie sans me soucier vraiment de ce que je n'aime pas dans tout ça.
Je prends le temps. Je m'arrête devant mon ordi de dépannage, prêté il y a deux mois, vous vous souvenez peut-être. Huguette, la fin d'une vie prospère! Je prends le temps de vous souhaiter "la belle Noel"... Je vous remercie de passer ici. La quantité n'est pas importante quand on a la qualité. Et j'ai de bons lecteurs, pour peu que vous êtes. Merci. Puisse la nouvelle année vous apporter la paix intérieur, de l'inspiration, quelques minutes de plus, de beaux voyages, de belles actions qui amélioreront votre quotidien.
Joyeux Noel de quelqu'un, quelque part en Amérique.

mardi 11 septembre 2007

Le billet de la rentrée d'Amérique.

Bon! Disons que pour l'instant, Huguette (ou Hugo, c'est selon...) semble tenir le coup. Je peux donc m'adonner à nouveau au plaisir d'écrire sur mon blogue. Comme vous vous en êtes peut-être rendu compte, je n'ai pas écrit beaucoup cet été... Pis? J'en ai profité et vous en avez sûrement fait autant. Je vais donc tenté, là, maintenant, sous vos yeux rivés à votre écran, de faire de cet été rempli un savoureux condensé, un peu comme une soupe en canne dans laquelle on doit ajouter de l'eau...
Le JP d'Amérique. Je tiens ce blogue depuis quelques mois déjà. Je dois admettre que je suis toujours aussi satisfait de mon expérience, bien que ma blonde soit meilleur dans ce domaine... (la satisfaction!) Surtout, j'ai été agréablement surpris de constater qu'on me lise! Je sais que je suis loin d'être un «célibataire urbaine» (est-elle morte ou vivante?) au niveau «je suis un blogueur cool et aimer de beaucoup de gens», ce que je ne recherche pas nécessairement, mais plusieurs personnes m'ont commenté... On m'a dit qu'on était accro., qu'on attendait mon prochain billet avec impatience, à quelques reprises. On m'a aussi dit que j'avais une très belle plûme. Plusieurs se demandaient ce qui se passait depuis quelques semaines et j'ai constaté de visu un bon nombre de mes lecteurs, anonymes, qui ne laissent pas de traces de leur passage.
Je tiens à vous dire merci. Ce blogue est pour moi une expérience bien personnelle et vous la partager me fait sentir comme une fleur en plein milieu du couchant de juillet. Avec les papillons, en plus.
Les vacances d'Amérique.
J'ai eu de superbes vacances. Nous sommes allés dans Charlevoix, au parc des Grands Jardins, dans le but de faire du camping, de relaxer et de faire l'ascension du Mont du lac des Cygnes, qui culmine à 980m. d'altitude. À partir de Montréal, nous avons fait fi des autoroutes! Nous avons pris la 138 jusqu'à Trois-Rivières où nous avons traverser le pont Laviolette, sur lequel je n'étais jamais passé. On a ensuite pris la 132 jusqu'à Québec pour ensuite retourner sur la 138 jusque dans Charlevoix. Je vous conseille d'ailleurs cet itinéraire. Il n'y a pas de trafic, c'est paisible et les paysages valent cent fois ceux de Drummondville, St-Hyacinthe ou le Madrid réunis!
Côté température, nous avons eu le combo moitié-moitié. Mais le soleil fût là aux bons moments et cela nous a permis de découvrir des paysages majestueux, un peu comme si l'Irlande s'était amouraché du Québec, le temps d'une journée ou deux. Comme une image vaut milles mots...
Le long du fleuve

Le Mont Ste-Anne, la tête dans les nuages

St-Urbain et le Mont du lac des Cygnes en arrière-plan

La montagne en question

La vue d'en haut

L'île aux Coudres Et moi, gallopant sur le bord de la route, haha!

Je tiens à remercier ma Bibitte qui a pris autant de cliché que moi! Et je n'oublie pas Annette, la voiture Argentée, qui en a sué un coup!

Le conventum.

J'ai finalement eu un véritable et merveilleux conventum où j'ai pu serrer la main des ennemis de jadis ainsi que des vieux amis d'antan. On aura fait quelque chose de bien avec tout ça, finalement. Sur le plan personnelle, ce fût la soirée des ex. La première personne à arriver après moi (qui était le deuxième) fût Marie-Claude. J'ai eu une histoire d'amour adolescente, tout ce qu'il y a de plus Watatatow, avec elle alors que j'avais 15 et 16 ans. Plus tard, je vis arriver Annie, ma première blonde, en première année, qui m'avait laissé parce que ma mère m'avait obligé à aller magasiner pour des vêtements au lieu de me laisser m'amuser avec cette fille... Au souper, j'étais assis à une table de huit où était assise également Julie, premier grand amour (j'avais 13 ans) et Manon, que j'ai aimé aveuglément mais qui m'a laissé pour un cadet.

Ouais, c'était étrange mais rigolo à la fois. On a eu du fun, on a rit de nos trips d'ado! C'était un peu comme revivre notre bal, dix ans plus tard. Mais, à mon bal, j'étais accompagné de Nathalie, qui avait pris du soleil pendant la journée pour avoir un beau teint bronzé et qui était arrivé au bal rouge comme un homard. À 23h, elle était partie! Mais Nathalie était plus jeune que moi. Elle ne faisait pas partie de cette promotion. Ça aurait été drôle de la voir également, non!?

À la fin de la soirée, mes bons vieux amis me tètent pour sortir au bar où nous allions à l'époque - «envoye!, ils vont tous être là!» - et qui était un pub nommé Le Guinness. Mais en 2007, c'était maintenant un bar lounge nommé Le Bao... et ça ne me disait vraiment rien! Mais comme mes amis sont persévérants... Nous nous sommes finalement rendu au Bao. Et c'est à cet endroit, dans le plus pur des hasards, que j'ai fait la rencontre surprise de Nathalie, la fille qui, il y a dix ans, était ma copine et rouge comme un homard! Plutôt capoté, hein?!

Je dois en parler, de Cédrika

Quel drame! Bon, vous connaissez toute l'histoire. Mais là, le cellulaire à Poirier, c'est beurré épais en svp! Comme je le disais précédemment, ne manque que l'hélico et les commentaires de Denise Bombardier. Et pis, Frank qui a vu un camion rouge dans un stationnement à Mourrial... Bon, peut-être qu'il n'a rien fait, figé par ce qu'il voyait. C'est correct, je peux comprendre, mais au moins deux chiffres de la plaque aurait suffit putain! Et pis la police qui attend un mois avant de donner une description du véhicule et du suspect. Y'a dû en faire du millage, le gars, pendant tout ce temps... pas fort.

Brian Mulroney

J'ai regardé l'entrevue, étant curieux politique professionnel. Mais il y a quelque chose dans cette histoire qui reste nébuleux. Brian a ben beau dire qu'il l'a laissé tombé alors qu'il en avait besoin, il m'a donné l'impression qu'il y avait anguille sous roche!

Les feux de forêts en Grèce

... suivis par des innondations. Faut pas être trop chanceux. La nature ne se contrôle pas comme un gun! Voilà un autre exemple.

La guerre aux talibans en Afghanistan

Sortez-nous de là, calvaire. Allons au Darfour, tant qu'à faire. On serait sûrement plus utiles!

Le 11 septembre 2001

Il y a de cela six ans, près de 3000 personnes sont mortes à cause de 19 personnes. La vie ne tient vraiment qu'à un fil. Et depuis... Ground Zero est toujours vide, l'Irak toujours instable, les talibans courent toujours et Ben Laden fait toujours dans la vidéo amateur.

Bonne journée à tous et à bientôt!

mercredi 25 avril 2007

Deux ennemis, deux amis.

Dans une toute nouvelle série de billets, je vous raconte quelques souvenirs du secondaire, question de souligner le conventum de mon ancienne polyvalente.
En arrivant en secondaire 4, je considérais que je devais remonter la pente au plan académique. Ma situation n'était pas jojo... ma moyenne était passée de 85% à 72%. J'étais, à l'époque, dans les dernières vagues de ma crise d'adolescence, qui s'éternisait depuis plus d'un an. J'étais résolu à changer les choses. Évidemment, ma déception (et celle, encore plus grande, de ma mère) la plus importante fût celle d'avoir été refusé en math forte. Comme prix de consolation, j'avais cependant réussis à me placer dans un cours d'anglais fort.
Ce cours fût d'abord extrêmement pénible. Particulièrement chiant, en fait. Pour la simple et unique raison que tous les cons de la ville s'y étaient retrouvés. Tout était en place pour une année d'enfer, je me souviens bien. D'abord, cette gang de gars, une dizaine environ, qui se payait la tête des quelques intellos du groupe (j'avais énormément de difficultés à me départir de cette image... mes notes étaient inférieurs à la majorité de ces gars et pis, putain, je me sentais pas comme ça, le nez planté dans mes livres). Ils se payaient même la tête du prof. Ils ont dû le remplacer et le remplaçant, lui, a fait un burnout! En plus, les quelques étudiants, victimes d'insultes, de mauvaises blagues, de recevoir des boules de papiers, étaient placés dans la première rangée de la classe, placée en ordre alphabétique. Puis, il y avait ces filles qui riaient souvent avec les gars, complices.
Un des gars était particulièrement direct. Il ne se gênait pas pour invectivé n'importe qui et il n'était pas rare qu'il envoie pêtre quelqu'un en plein milieu d'un cours, brisant le silence d'une théorie anglophone peu dynamique. Acerbe, il était ZE guitariste du band de l'école et il jouait à la vedette rock, à l'image des membres du groupe Metallica, sauf que c'était à plus petite échelle, évidemment. C'était le gars que les filles aimaient bien mais qui ne lui disaient jamais, éffrayées par l'image rebelle qu'il se donnait, probablement.
Un jour, le gars, appelons-le Tabasco Ranch, tiens... il se reconnaîtra!!! Toujours est-il qu'un jour, Tabasco Ranch, roi du monde et dieu du heavy metal, décide un jour de faire une autre de ses conneries monumentales. Je ne me souviens pas de ce qu'il avait fait mais il s'est ramassé derrière mon pupitre, le prof voulant avoir un oeil de plus sur lui. Ça a duré quelques jours comme ça, alors que j'étais exténué de l'entendre dire ses bêtises derrière moi. Je dois cependant admettre que lorsque ces conneries n'étaient pas dirigées contre moi, je riais en coin, surtout content de passer mon tour! Après une autre performance douteuse, le prof le fit déménager devant moi, au pupitre qui était le seul de sa rangée; il était devant tout le monde quoi. «Voilà, me disais-je, je vais maintenant le voir en plus de l'entendre!» Mais, la vie de polyvalente comporte son lot de surprises...
Tabasco Ranch a continué un petit bout de temps à niaiser, de loin, de son coin de punition. Puis, vînt une période de bouderie. Pendant quelques jours, il tenta, en vain, d'attirer la sympathie du prof afin de retourner voir ses copains en restant calme et feignant d'être un élève modèle. Voyant donc que sa stratégie ne fonctionnait pas et sentant toujours le désir de dire des stupidités, il y eût en lui une espèce de tempête cervicale, une réflexion atmosphérique et énigmatique `dans laquelle il était parti à la recherche d'une piste de solution intelligente et sournoise. En fait, je ne sais trop ce qui s'est passé à cette époque dans les entrailles nébuleuses et heavy métal de Tabasco Ranch mais arriva le jour où il créa un paradoxe, celui de l'ennemi ami...
En l'espace de quelques jours, le prof de notre cours d'anglais se mit sûrement à douter un peu. Avait-il fait le bon choix d'envoyer Tabasco devant moi, la victime qui maintenant, se retrouvait à dire des conneries avec son nouvel ami! Car oui, je l'admets, je suis tombé dans le beau panneau fluorescent de Tabasco Ranch, rock star bien connue de l'école, et nous avons réinventé le monde ce jour là, quand nous nous sommes mis à faire les cons, ensembles. Nous n'avons jamais, à ma connaissance, insulté qui que ce soit que ne le méritait pas, nos conneries étant plus dans le domaine de «je niaise avec toi, les autres on s'en câliss»... Tabasco Ranch et moi sommes devenus amis en peu de temps et cette amitié, je sentais, était saine. Tabasco essuyait dès lors les paroles irrespectueuses des autres gars, se moquant désormais de lui à cause de moi. À la deuxième occasion, Tabasco s'est levé pendant le cours, en plein milieu d'une explication du prof, et à celui qui l'agacait parce qu'il niaisait avec moi, il a lancé: «go shit, tabarnak...» en le pointant du doigt.
Dès lors, je n'ai plus été la cible des insultes de ces gars. Tabasco a continué de niaiser avec eux autres, de son coin, et a également continué de dire des conneries avec moi. Et encore aujourd'hui, moi et Tabasco Ranch, roi du rock et ami inestimable, sommes encore en train de raconter des stupidités sur plein de choses. Nous avons découvert ce que nous étions, sans se soucier de ce que les autres en pensaient, sans se fier à notre première impression. Pour ce qui est des autres gars, je ne leur en veux pas. Car on est tous cons un peu, surtout à cette époque. Et puis, j'ai bien dit que tous les cons de la ville s'y étaient retrouvés. Je vous ferez remarqué que moi aussi, j'étais du lot!

lundi 23 avril 2007

Portez-vous ce chapeau?

Pour faire suite au dernier billet, je m'attarderai aux amitiés aujourd'hui. D'abord, je n'ai toujours pas rappeler Mathieu. Je laisse mijoter un peu avant. Mais je ne pense pas nécessairement à Mathieu aujourd'hui... Je pense à d'autres personnes.
Depuis que j'ai quitté le Saguenay en 2000, un espèce de tri naturel s'est fait dans mes amitiés. Évidemment, comme cela faisait 20 ans que j'habitais au même endroit, j'ai connu plusieurs personnes que je voyaient régulièrement, que ce soit à l'école, dans mes sorties, dans ma vie... Rendu à Montréal, j'étais bien loin de plusieurs personnes avec qui je parlaient, avec qui je partageaient des moments vraiment cool... L'élément distance joue toujours un rôle dans une relation entre deux individus. Tu peux rester «en contact» mais comme les moments partagés se font plus rares, la relation prend une autre tournure, parfois dramatique. Il s'agit qu'une personne d'un groupe, exténuée dans l'attente d'avoir de mes nouvelles, prenne la parole et crinque les autres à ne pas me parler... Et pourtant.
Ces évènements que je relate ici se sont faits plutôt rares. Mais voilà, j'ai un problème: je n'aime pas jaser au téléphone. Je n'ai d'ailleurs aucun cellulaire. Alors, ceux qui ont attendus après mon appel ont pu être déçus. J'aime mieux internet mais encore faut-il que je l'aie à la maison, ce qui est depuis peu. Je peux ainsi choisir le moment de la réception d'un message et je gère également le temps de réponse. Et puis, souvent, parler au téléphone avec quelqu'un que j'ai pas vu, ça me gèle. «Comment tu vas, Jp?» Mes pauvres vous, j'ai de la misère à le savoir moi-même! La vie roule si rapidement. Pour moi, un ami est quelqu'un en qui on peut avoir confiance... pas quelqu'un qui donne des nouvelles régulièrement. Et souvent, ces personnes que je n'appelle pas... ne m'ont jamais appelé! C'est incohérent.
Mon ami Jean-Luc en est un exemple. On ne s'est pas vu pendant des années, lui à Québec, moi à Mourial. On ne s'appelait que très rarement et on s'écrivait des courriels deux fois par année. Et pourtant, nous sommes, à mes yeux, de bons amis. Parce que je sais que si j'arrivais chez lui en besoin ou l'inverse, on ne se laisserait pas tomber. Maintenant, Jean-Luc est à Montréal... C'est plus facile.
Mathieu pourrait être l'un de ceux qui n'ont plus d'espoir en moi. Mais il sait. Il sait que le téléphone, c'est pas mon truc. Il sait qu'il a une moindre importance dans ma vie parce que je ne l'ai jamais blessé intentionnellement.
Il y en a pour qui je ne suis peut-être plus rien parce que les nouvelles ne sont jamais venus de ma part. Parce que j'habite avec ma blonde, que j'ai un travail et que je n'ai pas toujours de temps à leur consacrer, même si ce n'est pas ce que je souhaite. J'espère un jour que ces quelques rares personnes reverront leur mauvaise impression de moi et qu'ils me pardonneront mes faiblesses, que j'ai énuméré plus haut. Tous ont des faiblesses, en somme. Les bons moments que j'ai vécu avec ces personnes sont de superbes souvenirs et il serait vraiment dommage qu'ils aient existés en vain...
Le but n'est pas de trouver qui a tord ou qui a raison... Il faut juste trouver la solution! Malgré tout, je vous le dit, si vous débarquez chez-moi pour de l'aide, je le ferai... je n'en ai jamais douté!

dimanche 22 avril 2007

Mon cher Mathieu...

Lorsque je suis arrivé au secondaire, je n'avais à peu près pas d'ami. J'en avais mais ce n'était pas de BONS amis. De simples amis... Mais en secondaire II, j'ai fait la connaissance de quelques personnes généreuses dont Mathieu, qui est devenu rapidement mon meilleur ami. J'ai fait mes premiers bons coups avec lui, j'ai brossé pour la première fois avec lui. J'ai fumé mon premier joint avec lui (Il s'avèra plus tard que le pot en question était du pot pourri!). Nous avons ris, énormément, et nous avons également fait de l'impro ensemble. Mathieu, c'était mon best! Les années ont vu défiler quelques chicanes et notre échange de réplique dans Les deux timides, en secondaire V, m'a permis de gagner un méritas en art dramatique. C'est à cette époque que mon ami commença à éprouver certaines difficultés. Et dans la tourmente, à bout de tout, deux ans plus tard, nous nous sommes éloignés. Était-ce moi qui fuyait un ami tourmenté au point qu'il me tourmentait? Où était-ce le destin?
Cher Mathieu,
Ce soir, tu viens de m'appeler. Depuis huit ans, on se parle, comme ça, à l'occasion. Environ une fois par année... De rencontre en rencontre, tu évolues, parfois dramatiquement à mes yeux, parfois plus serein, me semble-t-il. Mais après toutes ces années, je suis un peu perdu. Vagabond, écorché vif par les souvenirs de nos ivresses. Cela fait huit ans que j'essaie de trouver le mot, l'unique, celui que je désire dans mes trips, celui qui mettrait le doigt sur ce que je ressens, lorsque j'entends parlé de toi. Un espèce de malaise, comme si toi, mon vieil ami, tu étais l'une de mes failles, une plaie ouverte, en quelque sorte, qui ne se refermera peut-être jamais. Non pas parce que tu m'as fait mal... Je me suis fais mal, en tentant de te sortir de ma vie, pour ne plus souffrir de ta souffrance, pour ne plus pleurer tes larmes... Si dramatiquement, tu as changé... J'ai perdu le fil et du coup, je suis tombé dans le brouillard de tes pensées.
Tu viens de m'appeler... Les souvenirs reviennent en moi, comme si c'était hier. Nos épopées fantastiques dans le pic, près de chez toi, et nos premières cigarette. On fume encore tous les deux! Mais tu vois, les souvenirs peuvent aussi être douloureux. Quand je pense à toi, à notre amitié fraternel, les souvenirs se confondent; il n'y a aucune chronologie. Alors, de ces premières cigarettes, je saute subitement au fait que j'ai du jouer ton rôle, à la dernière minute, pour les raisons que l'on connait, au cégep, à Jonquière... Le Caravansérail. Tu te souviens, je venais de trompé Valérie, qui jouait elle aussi dans la pièce!!! C'était la pagaille, mon ami. Et elle m'aura fait souffrir autant par la suite... Mais ça, c'est une autre histoire.
Ce soir, tu m'as appelé... Après toutes ces années, je constate que j'ai encore une importance. Après tout, notre amitié n'avait pas son pareil! Toi aussi, Mathieu, tu as ton importance. Tu sais, j'ai encore toutes les photos de toi, dans mes albums et mes boites à chaussures. Tu occupes mes pensées, très souvent. Je n'ai pas toujours été fort sur l'honnêteté, à une certaine époque, mais ma vie «post-Valérie» m'a fait découvrir d'autres facettes de moi. J'ai surtout voulu être honnête envers moi-même. Après tout, n'est-ce pas le commencement pour l'être avec les autres...
Mathieu, tu m'as appelé. Des années où, au fond, je n'ai que remis à plus tard. Encore ce soir, je t'ai fait le coup et je t'ai dit que je te rapellerais. Je te fuis... par crainte de revivre la tourmente. Pendant toutes ces années où j'ai essayé de te repoussé, j'ai tenté de saisir ce que tu voulais, ton acharnement ou ta patience... Alors, pour cela, je te dois d'être franc.
Mathieu, nous avons évolué en parallèle. Je me demande souvent si je n'étais pas mieux d'ignorer, de te laisser tombé, vraiment. De ne plus répondre. Mais je ne peux pas. Je n'y arrive pas. Je ne veux pas. Peut-être veux-tu avoir de mes nouvelles, une fois de temps en temps? Où peut-être recherches-tu encore cette amitié inébranlable qui n'existe plus, au fond? Je te demande humblement, comme je l'ai fait souvent pour toi, de te mettre à ma place. Tu étais au point C et en deux ans, tu étais déjà à W !!!
Mathieu, je veux que tu prennes soin de toi. Vraiment. J'espère que tu le fais, que c'est important pour toi. J'ai espoir que depuis ce temps, tu t'es peut-être repris en main. Tu me l'as dit, tu veux retourner aux études. Fais-le! Donne-toi ce plaisir. Car tu es toujours Mathieu; l'essence, la source reste intacte. Je suis prêt à te parler, à ne plus te fuir. Mais cette amitié, tu dois en être conscient, ne sera plus jamais la même. Tu devras être patient. Je devrai apprendre à te connaître à nouveau. Je t'ouvrirai la porte mais n'entre pas trop vite. Regarde ce que tu y vois, et respire un peu, le temps de remettre les idées en place. Tu dois être conscient que plus rien n'est comme avant.
Je ne sais pas si tu vas lire ça. Je devrais te donner le lien ou quelqu'un d'autre pourrait le faire, après avoir lu. Je vais d'abord essayé de te le dire mais soit tolérant envers moi, je n'aurai peut-être pas le courage. J'ai peur que demain, je ne veuille plus te rappeler.
J'aimerais bien avoir quelqu'un qui me dirait quoi dire, quoi faire. Je connais quelqu'un qui pourrait m'aider... et c'est toi.
Jean-Pierre